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     Quand j'arrivais le matin à la chatterie, j'entendais déjà les lamentations de Salambo, dès la traversée du jardin... Je la retrouvais debout sur les pattes arrières, grattant la porte grillagée avec celles de devant, miaulant en pleurant, pleurant en miaulant. Je la trouvais exactement dans la même position en revenant à la mi-journée, et ses plaintes lancinantes venaient me hanter jusque dans la maison. 


  L'interruption/intermède "volière/jardin" n'y changeait rien. La position et les pleurs, le regard suppliant étaient juste transposés dans un autre lieu. Quand elle réintégrait ses "appartements", je la laissais dans cette position sinistre et inchangée, et cette vision agrémentée de la "bande-son" déchirante habituelle... Ce déprimant ballet, qui n'était pas sans rappeler le poisson rouge tournant dans son bocal rond ou les félins tournoyant, toujours dans le même sens, dans leur cage exiguë... Ce déprimant ballet, disais-je, cessa comme par miracle _ et le mot est bien choisi _ quand le regard de Barbara croisa celui de Salambo. 

     Un lien unique, une attirance foudroyante, une complicité immédiate... Certains heureux propriétaires de chats savent bien de quoi je parle et vont se reconnaître. Cette impression magique que vous venez de trouver LE chat que vus cherchiez depuis toujours et qu'il vous attendait... Il se crée, alors, une osmose magique, une fusion de tous les instants, un respect mutuel, une tendresse et une affection délicate et raffinée... Cette qualité de relation semble être une évidence: "c'est elle,c'est moi", "cela ne pouvait être qu'elle, cela ne pouvait être que moi"... 

Salambo et Barbara sont désormais inséparables... Et, quand on les voit ensemble, on comprend immédiatement qu'elles étaient faites l'une pour l'autre...  Un moment de grâce, une révélation...

Merci Barbara